Dire oui, à ce qui est bon

richard_palacci_nice

Combien de vies doit-on vivre pour comprendre que l’on a qu’une seule vie ? Faut-il faire des compromis sur tout pour accepter de vivre une vie sans parfum, sans le goût de la découverte, sans le frisson de vouloir titiller l’interdit?

Titiller l’interdit…

Cet interdit que notre société bien-pensante. Trop pensante, voire même qui voudrait tout penser à notre place…  Situe à chaque coin de rue, dans chaque démarche de notre vie quotidienne. Bref, faut-il vivre une vie qui ne serait pas la notre. Pour satisfaire à la norme imposée par l’ultra-communication de faible contenu qui jaillit de tous les médias ? Pouvoir et savoir penser en temps que personne propre, c’est sans aucun doute l’un des plus difficiles challenges que doivent relever les femmes et les hommes vivant en France, en 2020.

Dans une superbe ville du sud de la France, voilà un raccourci trop massivement emprunté que de croire que cet éblouissant soleil associé au bleu de la Mer Méditerranée, pourraient suffire pour bénéficier de la liberté de vivre sa vie. Dans une pharmacie de Nice, comme à Marseille, le pharmacien exerce sa profession en étant convaincu qu’il est le détenteur d’une chance formidable de vivre dans un endroit merveilleux. Notamment en comparaison avec ses confrères qui exercent dans des lieux et des régions moins bénis des dieux.
Tout ceci n’est qu’une illusion.

Perturbation de la perception de la réalité

Une illusion. Une perturbation de la perception de la réalité. Un peu comme celle induite par le regard hypnotisant de Kaa dans le Livre de la Jungle, qui change le réel à son profit.
Dans sa pharmacie de Nice, le pharmacien y travaille quelques soixante heures par semaine. Son environnement se résume à des néons. Des empilements de boîtes de médicaments et de produits cosmétiques. Ainsi que le crépitement sans arrêt de ses diverses imprimantes. Ce même pharmacien de Nice n’est pas un touriste en vacances sur la Côte d’Azur. Non, c’est en réalité un simple maillon de la chaîne de la société. Qui consacre sa vie, ses plus belles années, à travailler entre quatre murs trop éclairés, pour permettre aux rouages de notre « bienveillante » et « bien-pensante » société, de ne pas se gripper.

Dire oui, à ce qui est bon

Savoir dire « oui » à ce qui est bon, et refuser d’offrir sa vie en échange de rien du tout. Ou de même encore moins que rien du tout. Non, il n’est pas facile de prendre de la distance. De prendre un peu de hauteur, par rapport à notre système de société. Comment le pharmacien, dans sa pharmacie de Nice « Nissa la Bella », pourrait-il en travaillant 90% de son temps disponible, se rendre compte et réaliser… Qu’il n’est en fait qu’un simple pion au sein d’une société. Une société qui ne permet pas à ses sujets de prendre la distance minimum, nécessaire pour que leur capacités de réflexion et d’analyse soient stimulées… Et les conduisent à s’interroger sur le type de vie qu’ils souhaiteraient réellement vivre.

Chercher ce qui est bon pour soi. Tout simplement. Et qui serait également bon pour les siens, sans que cela ne nuise aux autres. Peut-être même en contribuant à leur bien aussi, c’est mieux ainsi. Cette démarche, qui paraît pourtant être simple et basique, n’est cependant pas celle à laquelle peut se livrer le pharmacien. Enfermé dans sa pharmacie sous lumière artificielle. Non, derrière une simplicité apparente se cache la déformation de la réalité. Une société soit-disant voulue pour le bien des femmes et des hommes… Et qui prend toutes les décisions à leurs places. Un peu comme dans le Truman Show. Le pharmacien-Truman Burbank, rôle magistralement interprété par Jim Carrey, ne parvient que très difficilement à s’extraire de ce monde « idéal » pensé et conçu pour lui, et dont les écrans opaques lui interdisent l’accès au monde réel.

Le pharmacien-Truman Burbank est-il préparé à la confrontation avec le monde réel ?

Tant de femmes et d’hommes potentiellement brillants sont encore aujourd’hui enfermés entre les quatre murs de leurs pharmacies trumaniennes, sans aucun accès au véritable monde réel. Dites « oui » à ce qui vous semble bon. Soyez indulgents avec vous-mêmes, vous avez le droit de vous tromper. Si vous vous trompez, continuez à chercher ce qui est bon pour vous, vous trouverez. Ouvrez les yeux, éveillez tous vos sens, vivez votre vie. Il m’a fallu de nombreuses années, à titre modestement personnel, pour dire « oui » à ce qui est bon.

Ce qui est bon pour moi, n’est pas pour autant emprunt de facilité, mais il s’agit sans aucun doute de la meilleure sensation pour une vie pleine et bien réelle.

C’est peut-être pour cela que la marque de dentifrices que j’ai contribué à créer, il y a quelques années, s’appelle LEBON !

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